Par son ampleur et sa durée, la chute des cours boursiers depuis mars 2000 est
comparable à celle de la grande dépression. Elle renoue avec les déflations financières
qui ont parcouru l’histoire du capitalisme. Dans ce type de crise, le marché boursier est
au coeur du cycle économique. En revanche, les fluctuations économiques après 1945
provenaient de déséquilibres dus à un excès de demande produisant des pressions
inflationnistes. Une politique monétaire restrictive retournait la demande globale. La
Bourse n’y avait aucune part. La crise actuelle est, au contraire, liée à la dynamique des
prix d’actifs et du crédit dans un environnement de basse inflation. Tout comme lors du
boum des investissements des années vingt, dans les secteurs innovants tels que
l’électricité et l’automobile, les investissements dans les nouvelles technologies des
années 1995-2000 se sont accompagnés d’une explosion du crédit aux entreprises.