En novembre 2001, s'est tenue à Doha (Qatar) la quatrième conférence ministérielle
de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Deux ans après l'échec de Seattle, elle
est parvenue à fixer un nouvel agenda de négociations multilatérales. Le fait que ce
nouveau cycle ait été annoncé comme le « cycle du développement » indique la
nécessité de rééquilibrer la situation créée par l'Uruguay Round. Les concessions
effectuées alors par les pays du Sud, les contraintes nées de leur adhésion à l'ensemble
des règles multilatérales selon le principe de la signature unique, comme le peu
d'empressement des pays du Nord à respecter leurs engagements dans les secteurs
sensibles de l'agriculture et du textile, ont conduit à un bilan largement en défaveur des
pays du Sud. La conférence de Doha est intervenue aussi dans un contexte marqué par
une certaine désillusion quant aux bénéfices à attendre de l'insertion dans les échanges.
L'orientation d'un nombre croissant de pays en développement – y compris le plus
peuplé, la Chine – vers l'exportation de produits manufacturés au fort contenu en travail
non qualifié a intensifié la concurrence entre ces pays. Et très peu d'économies
parviennent à évoluer dans l'échelle des spécialisations comme l'ont fait les nouveaux
pays industrialisés d'Asie.